Cornemuses

 
 

Lecture musicale

Dans son oeuvre Les Maîtres Sonneurs, dernier de ses romans champêtres, qu’elle situe au XVIIIe siècle dans sa province du Berry,  George Sand met en scène une intrigue amoureuse dont le héros, Joset, éprouve une passion dévorante pour la musique, et particulièrement la cornemuse. Il n’a de cesse de vouloir apprendre et la musique et l’instrument auprès d’un maître reconnu, le Grand Bûcheux, bûcheron dans  les forêts du Bourbonnais voisin.

Tout au long de l’ouvrage, George Sand prête à ses personnages ruraux des propos sur la musique, ses qualités et son apport à la société rurale. Elle en fait ses porte-paroles, et leur attribue les qualités d’improvisateurs et de philosophes qu’elle pense inhérentes aux musiciens populaires campagnards. Elles les présente comme musiciens d’intuition, dépositaires des forces de la nature, et capables de provoquer des scènes hypnotiques chez les populations villageoises.

Les extraits de textes sont choisis parmi les nombreux passages du roman qui évoquent la musique, et sont illustrés de mélodies chantées ou jouées sur les grandes cornemuses décrites dans l’ouvrage

 

La musique des Maîtres Sonneurs

lecture musicale


Jean Blanchard

lecture, chant, musette 23 pouces


« La musique a deux modes que les savants, comme j’ai ouï dire, appellent majeur et mineur, et que j’appelle, moi, mode clair et mode trouble ; ou, si tu veux, mode de ciel bleu et mode de ciel gris ; ou encore, mode de la force ou de la joie, et mode de la

tristesse ou de la songerie. Tu peux chercher jusqu’à demain, tu ne trouveras pas la fin des oppositions qu’il y a entre ces deux modes, non plus que tu n’en trouveras un troisième ; car tout, sur la terre, est ombre

ou lumière, repos ou action. Or, écoute bien toujours, Joseph ! La plaine chante en majeur et la montagne en mineur. Si tu étais resté en ton pays, tu aurais toujours eu des idées dans le mode clair et tranquille, et, en y retournant, tu verras le parti qu’un esprit comme le tien peut tirer de ce mode ; car l’un n’est ni plus ni moins que l’autre.»

Dix-huitième veillée,, Les Maîtres Sonneurs, Ceorge Sand, 1852