Cornemuses

 
 

La musique


Au tout début du XXe siècle, dans les bals auvergnats à Paris, on assiste à un formidable brassage de musiques, de musiciens et d’instruments. Ce mélange va engendrer dans l’entre-deux-guerres plusieurs styles dont le répertoire musette, le swing musette ou le folklore auvergnat.


Dans cette période, l’enregistrement d’un très grand nombre de disques 78t témoigne de la dynamique et de l’inventivité des musiciens auvergnats, italiens, manouches en compétition dans un métissage énergique d’avant la mode actuelle.


La communauté musicale bigarrée qui est à l’œuvre à Paris n’a qu’un seul objectif, réussir à capter l’attention et l’adhésion du public qui vient dans les bals auvergnats appelés d’abord « bals à la musette », puis « bals-musettes », du nom de la cornemuse particulière utilisée à Paris par les originaires du Massif Central.


Au carrefour de multiples influences culturelles, la musique qui s’élabore est colorée des sonorités brillantes de la musette et de l’accordéon. Cette identité sonore, reconnaissable entre toutes, va devenir la marque du « folklore auvergnat » bien après que la musette ne soit écartée du bal qui ne gardera de l’instrument que le nom, « bal-musette ». L’instrument en question prendra alors progressivement le nom de « cabrette » dans les groupes régionalistes, futurs groupes folkloriques qui vont se développer tant à Paris qu’au pays.


Pendant tout ce temps, dans les hameaux les plus reculés de l’Auvergne, du Limousin et de la Marche, des musiciens par centaines se sont emparés d’un instrument plus intime, le violon. Cet instrument, fabriqué en série à Mirecourt dans les Vosges, est devenu bon marché, à la portée des revenus modestes des ouvriers agricoles et des petits artisans. Ces musiciens ruraux vont se montrer incroyablement inventifs dans la musique qu’ils tirent de ces violons, imaginant des esthétiques et des styles personnels d’une grande force et d’une grande variété.


Ces répertoires du bal auvergnat à Paris n’ont jamais cessé d’être joués et leur vigueur est restée intacte, réellement transmise de génération en génération. Ces mélodies au fort caractère portent en elles les dimensions qui permettent leur évolution permanente dans le cadre de structures solides. En ce début de XXIe siècle, toutes ces musiques sont bien vivantes et pratiquées et dansées à corps perdu par de nouvelles générations de passionnés.


Liées physiquement, rituellement à la danse, ces mélodies de bourrées, scottishs, valses et polkas sont caractérisées par un tempo très précis, et un discours rythmique particulier, la  « cadence ». Les pas des danseurs sur le parquet du bal en sont la formidable dynamique.


C’est dans cet héritage en mouvement que s’inscrit Auvergnatus. Le groupe réunit la cabrette, l’accordéon, le violon et le banjo, lui-même débarqué des États-Unis en 1916-1917. 

Depuis la fondation d’Auvergnatus, en 2005, Bernard Blanc a laissé la chaise d’accordéoniste à Thomas Restoin, et Jean-Pierre Simonnet, dorénavant installé en Bretagne, a cédé la place à Fabrice Lenormand, cabrettaire de l’association « Les Brayauds ». 


La danse

Chaque foi que possible, Auvergnatus accueille avec enthousiasme Sarah Serec, danseuses et maîtresse de danse, qui transmet sa science approfondie de la bourrée d’Auvergne, la danse reine de cette culture, danse de feu et de finesse, d’énergie et d’échange. Sara propose un panorama de travail sur l’expression, la créativité et l’écoute au travers d’exercices de précision rythmique, de jeux corporels sonores et insonores individuels et collectifs sur fond de formes de bourrées simples pour sensibiliser à la relation musique/danse. L’improvisation, la gestion de l’espace, l’énergie, les dualités et l’accent sur la mise en jeu du corps seront autant d’angles d’approche pour restituer le ressenti émotionnel et s’imprégner de ces énigmatiques et envoutantes bourrées.


         

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Auvergnatus            

Bal trad auvergnat


























Laurence Dupré











Sarah Serec















Thomas Restoin











Fabrice Lenorman











Jean Blanchard